Guillaume Meyer, Directeur Epargne et Retraite d’Entreprise de Groupama Gan Vie partage sa vision de l’épargne salariale et de la retraite.

Introduction : l’équipe d’epargne-salariale.fr est heureuse d’interroger Guillaume Meyer, Directeur Epargne et Retraite d’Entreprise de Groupama Gan Vie.

ES :

Guillaume Meyer, pouvez-vous nous présenter en quelques mots l’organisation en matière d’épargne salariale et retraite d’entreprise de Groupama Gan Vie ?

GGVie :

Le Groupe Groupama est un acteur historique sur ces métiers. Et dès 2017, nous avons créé une direction rassemblant les métiers de la retraite collective et de l’épargne salariale, afin d’avoir une approche globale au profit des entreprises et de nos différents réseaux de distribution.

Nous avons ainsi anticipé le rapprochement des métiers voulu avec la récente loi PACTE.

ES :

Combien gérez-vous 1) d’entreprise 2) de comptes salariés ?

A combien se montent vos encours sous gestion ?

Comment se répartit l’activité entre l’épargne salariale et la retraite ?

GGVie :

Nous avons aujourd’hui 30 000 entreprises dans nos portefeuilles, représentants 350 000 épargnants et 150 000 bénéficiaires de rente, pour 10 Mds d’encours, ce qui nous classe à la huitième place sur le marché.

Nous sommes l’un des rares Groupes à avoir une bonne répartition entre l’épargne salariale et la retraite d’entreprise, avec respectivement 180 M€ et 210 M€ de chiffre d’affaires en 2019. Cet équilibre nous permet d’avancer de concert au profit de nos clients pour leur proposer les meilleures solutions répondant à leurs besoins. C’est ainsi que nous avons été l’un des trois premiers acteurs à pouvoir proposer les différents PER (Individuels, Collectifs et Obligatoires) dès la fin de 2019.

ES :

Comment avez-vous vécu la période de confinement ? Cette situation n’a-t-elle pas ralenti les affaires ?

GGVie :

Bien entendu, nous avons constaté une baisse de l’activité commerciale durant cette période, mais dès la levée du confinement, les demandes d’équipement arrivent à nouveau à un bon rythme, avec une demande particulière pour accompagner les entreprises dans la reprise post-crise. Par exemple, certains prospects ou clients nous ont demandé des accords d’intéressement avec des critères adaptés au rebond et qui permettent de « donner du sens » à l’activité de leurs salariés en lien avec des perspectives positives sur l’avenir de l’entreprise.

Durant le confinement, nous avons multiplié notre présence auprès de nos clients, en organisant des webinaires, en envoyant des courriers électroniques d’informations et, tout simplement, en les appelant ! L’activité a ainsi pu continuer, en favorisant les nouvelles solutions de communication.

ES :

En 2020, il y a eu une actualité très importante autour de l’épargne salariale et la retraite grâce à la loi Pacte. Comment vous analysez les évolutions introduites par la loi Pacte ?

GGVie :

La loi Pacte a précédé la réforme des retraites, créant alors une forte visibilité médiatique sur le besoin de se constituer une épargne longue et un complément pour la retraite. Et différentes études montrent que les salariés attendent de leur employeur une aide sur ces sujets. Cela a alors permis un bon accueil des nouveaux produits créés par la loi Pacte.

Le Plan d’Epargne Retraite (PER) est un produit qui se veut unique, même s’il est décliné en versions pour les entreprises ou pour les particuliers. Son principal intérêt réside dans la portabilité du plan par l’épargnant, tout au long de sa carrière, lui permettant alors d’avoir la meilleure vision possible de sa situation à la retraite.

ES :

Quelles sont selon vous les nouveautés les plus importantes en matière d’épargne salariale et retraite suite à la loi Pacte ?

La loi Pacte : évolution ou révolution ?

GGVie :

Parmi les principales nouveautés, j’en retiens quatre :

  • La possibilité de sortie en capital pour les versements volontaires de l’épargnant. C’était déjà le cas pour les versements faits sur un Perco, c’est dorénavant possible sur l’ensemble des dispositifs, levant alors un frein majeur aux versements.
  • Les versements volontaires réalisés sur un PERCOL sont dorénavant déductibles fiscalement, amplifiant alors l’effet de levier de ces dispositifs, en particulier avec l’abondement.
  • La baisse du forfait social. Il passe de 20% à 16% sur les dispositifs de retraite d’entreprise mais, surtout, il passe à 0% pour la participation et l’intéressement des entreprises de moins de 50 salariés.
  • Et la possibilité pour l’épargnant d’avoir un produit unique tout au long de sa carrière, qu’il soit salarié ou indépendant.

ES :

Quand on interroge les professionnels en matière d’épargne salariale et retraite on s’aperçoit que la loi Pacte est à la fois une complexification sur certains aspects (par exemple les différents régimes sociaux et fiscaux en fonction de l’origine de l’épargne) mais ouvre également de nouvelles opportunités. Nous pensons notamment à deux exemples :

  • la possibilité de transférer son article 83 dans un PERP pour ensuite le transformer en PERIN, avec les avantages afférents ;
  • les nouvelles modalités de l’article 39.

Que pensez-vous de ces différents aspects ?

D’autres évolutions importantes de la loi Pacte à partager avec nos internautes ?

GGVie :

La transformation d’un « ancien 83 » en PERP puis en PERIN permet effectivement de sortir son épargne en capital lors du départ en retraite, et non forcément en rente. C’est une opération qui peut être intéressante pour l’assuré, mais il faut s’assurer que l’ancien contrat ne prévoit pas des garanties intéressantes pour son détenteur. C’est là une forte plus-value que le conseiller du client doit lui donner. Par contre, la fenêtre de tir est réduite puisque cette opération doit être réalisée avant fin septembre 2020 et les différents délais nécessaires rendent cette opération de plus en plus difficile à l’heure où nous écrivons cet article.

Quant au nouveau régime de retraite à prestations définies, dits « article 39 », nous attendons à ce jour quelques précisions réglementaires mais nous sommes convaincus qu’il couvre un véritable besoin pour les entreprises, et pas seulement pour les grands groupes mais aussi pour les TPE et PME.

Nous sommes persuadés que cette loi Pacte est une bonne loi, permettant de couvrir les différents besoins, en simplifiant et harmonisant les approches. En plus, la loi Pacte prévoit une plus grande transparence sur les produits, au bénéfice des assurés et de leur compréhension de ces dispositifs.

ES :

Votre groupe, GGVie, a dû, comme les autres acteurs de la place, faire évoluer ses gammes de produits. Pouvez-vous nous présenter succinctement vos solutions d’épargne salariale et retraite mais également les facteurs différenciant de vos offres par rapport au marché ?

GGVie :

En effet, nous avons profité de la loi Pacte pour faire évoluer nos produits. En particulier, nous avons revu les grilles de gestion financières, repensé certaines garanties optionnelles et élargi l’accès à de nouveaux fonds.

Mais, au-delà des produits, nous sommes persuadés que nos clients attendent plus de nous. C’est pourquoi nous tâchons de leur apporter des outils, des services, qui leur permettent de mieux projeter leurs besoins et donc de mieux s’approprier leurs contrats.

Nous avons par exemple, chez Groupama & Gan, noué deux partenariats particulièrement intéressant.

Le premier est avec Sapiendo, une société qui propose des bilans retraite de haute qualité, tant en digital qu’avec une relation humaine. Ces bilans sont gratuits ou à tarifs négociés selon leur complexité, au profit de nos prospects et clients.

Le second est avec WinchApps, qui propose des bilans sociaux individualisés (BSI) entièrement digitaux. C’est un outil formidable qui permet au chef d’entreprise de valoriser sa politique sociale, en présentant aux salariés l’ensemble de leur package de rémunération.

Par ailleurs, notre force réside aussi dans la synergie que nous avons créée entre les équipes retraite et épargne salariale, cela nous permet d’êtres très réactifs dans l’accompagnement de nos clients et partenaires.

(Notre place de marché travaille également avec WinchApps – NDLR)

ES :

Pensez-vous qu’avec ces nouveaux dispositifs d’épargne salariale et retraite, le marché va connaître une accélération en termes de taux d’équipement et d’encours ?

Existe-t-il, en cette période d’incertitude, un risque de retour en arrière des pouvoirs publics sur ces sujets ?

Comment voyez-vous ce marché dans 10 ans (acteurs, encours, services aux entreprises et aux épargnants …) ?

GGVie :

Le potentiel d’équipement est important : seules 20% des entreprises de moins de 50 salariés sont équipées de dispositifs d’épargne salariale ou de retraite collective.

Ce segment est particulièrement ciblé par la loi Pacte qui a supprimé le forfait social sur les sommes issues de l’intéressement, de la participation et de l’abondement (et sur l’intéressement sur les moins de 250 salariés). Bruno Le Maire a pour objectif d’avoir au moins 3 millions de salariés d’entreprises de moins de 250 personnes équipés, contre 1,4 millions aujourd’hui.

Nous constatons un véritable engouement sur les produits d’épargne salariale. Par exemple, en 2019, l’AFG a mesuré une augmentation de 22% du nombre de nouvelles entreprises équipées d’un PERCOL par rapport à 2018. J’y vois là la preuve de l’intérêt de ces dispositifs pour les entreprises et leurs salariés et nous anticipons toujours une hausse de la pénétration de ces dispositifs dans les années à venir.

Le partage de la valeur, avec les dispositifs de participation et d’intéressement, est un élément fort de la communication du Gouvernement actuel. La volonté de relancer l’économie après la crise sanitaire que nous venons de connaître peut être dynamisée avec ces dispositifs, par exemple avec un accord d’intéressement, dont les critères sont au plus près de la vie de l’entreprise et adaptés à cette période de relance.

Nous allons probablement vers un recours au télétravail plus important que nous ne l’avons constaté jusqu’ici, avec une diminution du sentiment d’appartenance à un « collectif ». Je pense qu’un accord d’intéressement permet aussi de renforcer le lien que le salarié possède avec son entreprise, notamment avec des critères qui prennent en compte leur contribution personnelle.

Pour finir, je suis persuadé que ce marché va continuer son expansion avec une plus grande appropriation des dispositifs par les épargnants.

Un mot de conclusion

La retraite et l’épargne sont des sujets majeurs et il va falloir être en capacité dans les années à venir, de proposer des offres et services innovants qui permettront à l’épargnant de se constituer sereinement une retraite dans un environnement parfois chahuté, comme nous venons de le connaître tout récemment.

Le site www.epargne-salariale.fr permet d’expliquer l’évolution des nouvelles offres, ou les récentes mesures en faveur de l’intéressement et de la participation. C’est un élément important pour le chef d’entreprise pour se familiariser avec ces solutions. Chez Groupama Gan, nous pensons qu’en complément de sites comme le vôtre, un accompagnement physique, avec un interlocuteur qui connaît bien ces sujets et l’environnement de son client, reste primordial.

ES : merci Guillaume Meyer. Vous êtes le Directeur Epargne et Retraite d’Entreprise de Groupama Gan Vie et nos internautes peuvent retrouver vos offres sous ere.groupama.fr ou ere.gan-eurocourtage.fr ou ere.gan.fr

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